Impressions “couleur”: retour sur le Festival des savoirs partagés

La vidéo Festival 2020 dit : « À ATD, nous luttons contre la pauvreté par le partage du savoir et de la culture ». Le lendemain du Festival, mon amie Marianne m’écrit : « Je me demandais si ça te tente d’écrire sur tes impressions ». Bon, OK, mais que rajouter aux sons et aux images de la vidéo? M’asseoir sur un banc, regarder les gens assis aux tables, boire une gorgée d’eau, trouver le temps chaud, regarder les modules, regarder les enfants : une expérience peut-être moins rythmée que celle de la vidéo . « Mea culpa » a dit Daniel : « j’ai oublié la musique ». Déambuler, regarder un spectacle de cerceau, regarder des bulles s’envoler : « Et toi, comment ça va? » Je vais d’atelier en atelier. Je prends mon temps. Je souffle avant la Rentrée.

J’ai tressé un bracelet à quatre couleurs comme quand j’étais enfant et les enfants sont venus. J’apprends qu’ils apprennent peut-être par l’exemple. Marianne, sur une banderole, a peinturé une vie en blanc, jaune et bleu, une vie en vert pâle avec des ballons. Elle a démonté deux télés; ça faisait longtemps que je n’avais pas regardé les autres dans les yeux. J’ai croisé le sourire et les yeux tendres. Je prends mon temps. Je sors de mes réunions zoom.

À la table de coloriage avec Guy Demers, j’ai colorié un cheval jaune sur fond rouge avec un sol bleu et des feux de circulation mauves. J’apprends l’existence de la course des chevaux de Sienne : « Ils sont sans selle et très performants. Si le cavalier meurt désarçonné, vous avez quand même gagné votre pari » me raconte Guy. Élohise, qui a fait la vidéo 2020, me présente son cameraman. Philippe filme la cage et les animaux sculptés au fil de fer par Guy : un perroquet et un éléphant sur fond ciel d’été. Antoine termine un casse-tête de dinosaure à la table d’à côté. On entend les chiens du parc japper et le rire contagieux de Muriel de l’atelier « bien être » au loin. Je regarde les nuques penchées des jeunes à la tente de lecture de Collège Frontière, celles des jeunes qui sculptent des insectes avec les Scientifines. Un Robert prend des photos et l’autre trouve que la vie est belle. Je prends mon temps. J’écoute.

Marianne m’écrit : « Est-ce que ce serait aussi possible de parler de d’autres bénévoles et animateurs d’ateliers? » De peine et de misère j’apprends à faire un nœud avec un physicien d’Horizon Roc, je sculpte en argile un lapin ou un ovni c’est selon avec Shahab. Les mains dans l’exfoliant, je regardé un homme s’emparer de la guitare de Lysandre pour jouer des airs de rock’n roll. Daniel pli les tentes en se rappelant des danses des soirées canadiennes et d’avoir dansé sur « Cotton Eye Joe ». Suzanne donne des exercices d’étirements à jusqu’à la tombée du jour.

En conclusion, j’ai aidé à ranger le matériel et regardé le soleil se coucher : « Madame, est-ce que vous avez d’autres bulles? Madame, pourquoi il y a un camion de pompier? Madame, c’est quoi ça? Madame, pourquoi ça? Madame, comment on fait? » J’apprends que les enfants savent déjà apprendre. J’apprends que la curiosité, c’est peut-être quelque chose de très riche.

Geneviève Miller, bénévole de soutien