Des retrouvailles et un 5 à 7 sur la Bulgarie

À la Maison Quart Monde, nous aimons recevoir de la visite et apprendre de nos invités comment ils combattent la pauvreté dans leur coin du monde. Nous en profitons alors pour organiser un 5 à 7 et profiter d’un moment de fraternité.

À la fin d’octobre, nous avons donc eu la joie de recevoir Véronique et Benoît Reboul-Salze. Ils nous ont fait découvrir la Bulgarie où ils ont le privilège de travailler depuis 2015.

Des conditions différentes une même dignité humaine

Connaissez-vous la Bulgarie? Parmi notre groupe, nous étions peu à connaître ce pays, moi-même, à part vous dire que c’est en Europe, la seule question quiz à laquelle j’aurais pu répondre aurait été que la capitale du pays est Sofia.

5a7_Bulgarie

Grâce à la présentation de Véronique et Benoît, nous avons appris qu’à certains endroits, on y trouve des sortes d’HLM de huit étages, mais que l’eau ne monte pas plus haut que le 4e étage. Juste à côté, des gens habitent dans des baraques (des “sheds”) sans eau ni électricité, sauf pour ceux qui font des ententes avec leurs voisins des HLM pour leur acheter de l’électricité, grâce à des extensions. Les enfants des sheds ne peuvent pas être inscrits à l’école, parce qu’ils n’ont pas d’adresse sur leur maison, donc « pas moyen de savoir qu’ils habitent dans le secteur ».

Une autre chose que nous avons appris, est que la ville ne vient ramasser les poubelles qu’une à deux fois par semaine et quand le camion est plein, il part et ne revient pas avant le prochain ramassage planifié. Vu les tas de poubelles qui s’accumulent, les habitants de ce quartier passent pour être malpropres, pourtant ce sont eux qui travaillent à nettoyer les rues de la ville dans les autres quartiers.

À travers les histoires et les photos que Véronique et Benoît nous ont partagés, nous avons découvert que les “sheds” de planches, malgré la précarité, pouvaient être aménagés avec charmes et goût. Pourquoi se donner autant de mal? Parce que chacun est fier et veut se sentir chez lui, là où il est. Le couple rencontre des femmes et des hommes qui se tiennent aux côtés des leurs pour partager leurs savoirs et leur courage.

Je vous encourage à découvrir quelques-unes des histoires qu’ils nous ont partagé et qui sont racontées dans un petit livret qu’ils ont créé : 1001 Histoires du Sud-Est de l’Europe.

Véronique et Benoît ont vécu et travaillé sur l’équipe du Canada de 2000 à 2006. C’est pourquoi ce 5 à 7 a été aussi des retrouvailles pour plusieurs. À cette époque, ils avaient été très actifs dans la mobilisation pour l’élaboration de la loi sur la pauvreté du Québec. Ils avaient aussi encadré l’évaluation internationale de la Journée Mondiale du Refus de la misère, dont le séminaire de conclusion avait eu lieu à Montréal du 22 au 26 mai 2006. Rapport final.

Daniel M