Un 17 octobre qui donne la force de continuer

Cette année, le Mouvement commémorait le 30e anniversaire du 17 octobre 1987, quand plusieurs milliers de personnes de tous milieux s’étaient rassemblées sur le Parvis des droits de l’Homme et des libertés, à Paris, pour affirmer que la misère n’est pas fatale et qu’elle peut être détruite.

Depuis, l’écho de cette journée résonne aux quatre coins de la planète.

Au Québec, à Montréal comme en régions, des centaines de personnes se sont rassemblées localement pour refuser l’injustice et l’exclusion.

Partout, plusieurs groupes de différents milieux se sont exprimés pour revendiquer leurs droits par différentes performances artistiques, touchant tant aux domaines poétique et littéraire qu’aux domaines du chant et de la musique. Des personnes ayant vécu personnellement la pauvreté unissaient leur voix pour se faire entendre et reconnaître.

France, militante d’ATD Quart Monde, était présente lors de l’événement : « Le 17 octobre a montré que quand t’es pauvre, t’es pas pauvre de toute ! On a nos savoirs et nos intelligences. C’est important que les gens partagent ce qu’ils vivent. Par les témoignages, plusieurs droits ont été évoqués, dont celui d’être reconnu et utile aux autres. On sentait que les personnes présentes étaient porteuses d’autres personnes avec elles ».

Marie, une jeune maman de deux enfants placés, ayant elle-même vécu en famille d’accueil toute sa jeunesse, nous livre un témoignage percutant sur son engagement à soutenir des jeunes vivant des situations difficiles. : « Je soutiens Sandra dans ses démarches. Elle a 25 ans, elle ne sait pas lire ni écrire. Les gens la jugent, elle a besoin d’avoir des personnes à qui parler ! J’ai hébergé Roger à sa sortie des institutions. Il porte une étiquette de déficient intellectuel. On lui a toujours dit qu’il n’était pas capable de travailler et maintenant il n’a plus le courage de chercher un travail. Des jeunes comme eux, il y en a partout, ils restent enfermés chez eux. On se prive de leurs connaissances. Ces jeunes ont besoin de soutien pour qu’ils reprennent confiance et se sentent utiles. »

Le retour positif de cet événement a su démontrer que l’engagement de chacun à lutter contre la misère donne force et espoir pour continuer. 


Extrait de l’infolettre 134 – Novembre 2017