Communiqué de presse : Idée fausse#3 «On n’a pas les moyens d’en finir avec la pauvreté».

communique-presse orange«On vit bien sur le BS», «Les pauvres ne veulent pas travailler», « Quand on veut, on peut», … les personnes en situation de pauvreté font face quotidiennement à des préjugés qui blessent et qui excluent. Mais la lutte à la pauvreté est aussi elle-même entravée par des idées fausses comme «On n’a pas les moyens d’en finir avec la pauvreté».

Alors que le gouvernement Couillard s’apprête à déposer son budget et à déterminer ses orientations pour les années à venir, il est fondamental de se rendre compte du coût collectif de la pauvreté et des moyens que l’on pourrait déployer pour améliorer le sort des plus démunis d’entre nous.

Le Conseil national du Bien-être social, organisme consultatif auprès du gouvernement fédéral,  établit dans son rapport publié en 2011 que la pauvreté au Canada entraîne des coûts indirects de 24,4 milliards par an alors qu’il suffirait de 13,1 milliard de dollars par an, soit environ la moitié des coûts indirects, pour garantir un revenu décent aux plus pauvres d’entre nous.

La pauvreté a des conséquences importantes sur la santé : le taux de mortalité est de 28% plus élevé dans les quartiers défavorisés que dans les quartiers riches. La pauvreté est également liée à de mauvaises conditions de vies qui entraînent des problèmes de santé comme la dépression, des problèmes cardiaques, le diabète, etc. auxquels notre société doit palier par le biais de son système de santé.

De nombreux coûts sont également liés à la judiciarisation de la pauvreté. Notamment, 80% des femmes canadiennes en prison le sont pour un crime lié à la pauvreté, et 39% de ces femmes ont simplement omis de payer une amende. Lorsqu’une personne est condamnée à une peine de prison pour ne pas avoir payé une contravention de 150$, le coût de son incarcération s’élève à 1400$; c’est près de 10 fois plus cher!

La gestion de l’itinérance est aussi une source de coûts élevés par rapport aux dépenses qui suffisent pour obtenir un logement; le coût mensuel d’un hébergement en refuge est de 1200$/mois alors que le loyer moyen d’un 4 ½ à Montréal est de 711$/mois.

Santé, justice, itinérance, et bien d’autres coûts indirects s’additionnent pour arriver à un coût total de 24,4 milliards par an. Toutefois, comme le souligne le Conseil National du Bien-être Social, avec 13,1 milliards par an de dépense, il serait possible de s’assurer que tous les canadien(ne)s vivent au-dessus du seuil de la pauvreté ce qui nous permettrait de limiter  ou de diminuer ces coûts et ainsi de réaliser des économies conséquentes.

Notre société aurait donc tout avantage à s’attaquer aux racines de la pauvreté par la mise en place de mesures ambitieuses de lutte à la pauvreté. Sans oublier que cet investissement aurait un impact humain et sociétal incroyablement bénéfique !

Depuis 40 ans, les membres du mouvement ATD Quart Monde cherchent avec les personnes victimes de ces idées fausses sur la pauvreté à donner l’heure juste sur la réalité de la pauvreté au Québec et à combattre ces préjugés. En sensibilisant la société et les citoyens à ces enjeux et aux coûts réels qu’impose la pauvreté nous sommes convaincus que nous pourrons avancer vers plus de justice sociale au Québec.

Pour découvrir la campagne «En finir avec les idéesfausses » : www.atdquartmonde.ca/ideesfausses

Pour en savoir plus, consultez la fiche-argumentaire « On n’a pas les moyens d’en finir avec la pauvreté ».

Renseignements : Leo Berenger, responsable des communications

Tél : 514 279 0468

Courriel : atdcanada@atdquartmonde.ca