Écho de l’université populaire Quart Monde de novembre 2017: Un développement durable pour tous

Isabelle: C’est à partir de ma reconnaissance pour tout ce que la Terre m’apporte que j’ai le goût de changer, de prendre soin du Grand Tout, parce que je sais que chaque geste que je pose a un impact sur tout le reste. Les Autochtones l’appellent notre Terre-Mère, parce qu’elle nous est donnée, on est dépendants d’elle, on doit la protéger.

Éric: J’ai passé beaucoup de difficultés dans ma vie, j’ai été considéré inapte au travail. En travaillant dans un restaurant, j’étais découragé par le gaspillage. À la Ferme Berthe Rousseau, j’ai appris à composter et, depuis, je fais attention à ce que je mange. Il faut faire attention à l’eau, car on en manque souvent. L’eau, c’est la vie ! La Ferme m’apporte une structure et me permet d’apporter la joie aux autres. Dans le projet Mer et Monde (de Coopération internationale de solidarité), j’encourage des jeunes qui vont partir à l’étranger, je représente la Ferme.

Yvette: Quand je t’écoute, je pense à mes enfants. Ils ont eu une vie très dure et ils auraient aimé ça vous trouver sur leur chemin. Pour être durable, votre projet, comme celui d’ATD, ça prend des gens qui vous aiment et croient en vous.

Frédéric : J’ai vécu deux ans à la Ferme. La vie communautaire dans la nature, proche des animaux, m’a permis de ressusciter à la vie. Il y avait une belle symbiose entre les intervenants et les résidents, chacun prenait des responsabilités. On n’était pas dans « le faire », mais plutôt dans « l’être »; chacun avait sa place. Cela donnait une présence et une grande attention à l’autre.

Mathieu: À la ferme Berthe Rousseau, on est plus dans « l’être », avec une solidarité les uns aux autres et c’est la force qui va traverser le temps. Être proche de la nature permet d’avoir cette reconnaissance qu’on est tous interdépendants. Cette interdépendance est fondamentale pour vivre en santé et perdurer.
Geneviève: Ce qui fait la richesse, ce n’est pas l’argent, ce sont les liens sociaux. Parfois, ce qui nous rend fort, ce sont nos fragilités.
Marie-Anne: Le « vivre ensemble » fait peur à beaucoup de gens. Pour moi, c’est plus dur de vivre seule chez moi, à regarder mon frigo.

France: De ce que j’ai entendu, je peux dire qu’un développement durable avec les plus pauvres , ça prend de faire « avec et ensemble », de décider ensemble la participation de chacun et c’est le partage des savoirs à tous les degrés, de chaque personne. Et ça, c’est d’une richesse incommensurable, immense !

Frédéric: Le développement durable, c’est aussi le développement des personnes et du cœur, c’est le développement de la vie au sens large.