Concerné-e, je suis !

Par Françoise Barbier, volontaire international

Depuis plusieurs mois, la campagne de mobilisation STOP Pauvreté nous a permis de tisser des liens avec des nouvelles personnes et organismes.

La conférence de l’écrivain-philosophe Jean Bédard, la soirée-concert organisée par les amis du Collège international Marie de France et le 17 octobre, se sont faits porte-voix des plus pauvres, du refus de leurs conditions de vie indignes, de leurs résistances quotidiennes et des risques pris par des personnes de tous milieux pour rechercher et expérimenter ensemble des pistes de solutions.

Lors d’un de ces événements, un parent disait : “Face à l’opulence, je me sens coupable de faire vivre la pauvreté à mes enfants. On n’a pas les moyens de les nourrir convenablement ni d’ inscrire nos jeunes à des activités sportives. Il faut faire preuve d’ingéniosité et de débrouillardise. On aimerait avoir l’égalité et la liberté des choix. On ne sent pas que nos revendications sont écoutées. On a toujours l’impression qu’on va déranger.

Comme en écho, le poète québecois Jean-Marc Desgent nous lisait un de ses poèmes :

Certains ont le cœur expiré, je suis. (…)
Tombent, plongent et je m’écroule aussi.
On ne peut pas être plus défiguré, me voici.

Des militants Quart Monde le comprenaient ainsi : ” Si ça arrive à certains dans la société, je suis donc concerné! Quand la corde de solidarité n’est plus tendue, ça fait tomber tout le monde. Si on veut que l’espoir soulevé par ces événements voit le jour, il va falloir s’y mettre tous !

Ne laisser personne de côté, c’est à cette condition seulement que les projets et les politiques unifieront au lieu de diviser, réduiront les inégalités au lieu de les accroître, feront progresser nos idéaux communs de justice, de liberté et de paix !


Éditorial de l’infolettre 134 – novembre 2017