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Les inégalités sociales tuent ?

Novembre 2011 - Nouveau rapport sur les inégalités sociales de santé à Montréal

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Couverture du rapport 2011 "Les inégalités sociales de santé à Montréal"

L’espérance de vie dans le quartier le plus défavorisé de Montréal est près de 11 ans inférieure à celui où les résidents sont les plus riches : un indicateur de l’effet dévastateur de la pauvreté sur la santé !

Le nouveau rapport du directeur de la santé publique est une mine d’analyses fouillées qui font le lien entre pauvreté et état de santé dégradé.

Parmi les recommandations, notons l’augmentation des revenus les plus faibles au niveau de la mesure du panier de consommation. Le rapport indique que les prestations d’aide sociale actuelles mettent en danger la santé des prestataires.

Le nouveau rapport sur l’effet des inégalités sociales sur la santé des montréalais : « Les inégalités sociales de santé à Montréal – le chemin parcouru », publié par le directeur de la santé publique de Montréal est une mise à jour d’une étude de 1998.

Globalement il y a du progrès : la santé de l’ensemble des montréalais évolue dans le sens positif. Cependant, les effets des inégalités sociales sur la santé restent fort préoccupants : il y a une différence d’espérance de vie de près de 11 ans entre les résidentEs du territoire du CLSC Hochelaga-Maisonneuve et ceux de Saint-Laurent ; des différences importantes entre les plus riches et les plus pauvres se manifestent aussi dans les taux de faible poids à la naissance, de mortalité infantile, de mortalité chez les jeunes de moins de 20 ans et le taux de mortalité évitable.

Les inégalités sociales se manifestent dans différents domaines, notamment :

  • le revenu ;
  • le logement et l’espace de vie ;
  • l’accès au soins de santé et aux programmes de prévention et de dépistage ;
  • la mobilité ;
  • l’accès à l’éducation et aux services de la petite enfance.

Les écarts dans tous ces domaines ont des effets sur l’évolution inégale de l’état de santé des individus de différentes classes sociales.

Le rapport formule une dizaine de recommandations au différents paliers de gouvernement.

En matière de revenu, il recommande d’améliorer les revenus des plus pauvres :

« Les ménages qui ont un revenu inférieur au seuil de la mesure du panier de consommation encourent des risques importants pour leur santé. La démonstration a été faite : ces familles ne peuvent pas consacrer une part adéquate de leur budget à une saine alimentation. Dans la grande majorité des cas, ce qui est en cause n’est pas le manque de connaissances en alimentation (auquel on pourrait remédier par un programme d’éducation sanitaire), mais plutôt un manque d’argent, ce dont témoigne l’augmentation dramatique du recours aux banques alimentaires de Montréal. »

Le rapport insiste sur « l’importance d’améliorer le revenu des prestataires d’aide sociale, particulièrement celui des personnes seules considérées aptes au travail. Les barèmes de l’aide de dernier recours sont nettement insuffisants si on les compare aux seuils de la mesure du panier de consommation et les prestataires concernés voient leur santé mise en danger par manque de ressources pour la conserver. »

Cette recommandation est un argument qui appuie la nécessité d’une consultation ouverte et publique sur l’amélioration des cibles de revenu, demandée par le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

D’autres recommandation concernent :

  • l’amélioration de la disponibilité de places en garderie à 7$ et la meilleure accessibilité à ces services pour les familles les plus défavorisées ;
  • l’augmentation de l’offre de logement social et communautaire et un meilleur contrôle des prix de loyer ; l’amélioration de la salubrité des logements et une meilleure accessibilité à des logements assez grands pour les familles ;
  • le renforcement des services publics en santé, puisque le système privé rend plus difficile encore l’accès aux soins pour les personnes les plus démunies ;
  • l’investissement dans le transport collectif pour mieux desservir les quartiers et augmenter aussi son accessibilité économique ;
  • la meilleure intégration des personnes et familles immigrantes.

Documentation :


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