L’Université populaire Quart Monde
L’Université populaire Quart Monde permet aux personnes en situation de pauvreté de se rassembler, de s’exprimer et de réfléchir ensemble sur la pauvreté et sur la société qui la leur impose. Elle est aussi un lieu de dialogue entre des personnes en situation de pauvreté et d’autres n’ayant pas l’expérience de la pauvreté.
écho de l’Université populaire du 7 mai 2010
écho de l’Université populaire du 19 mars 2010
écho de l’Université populaire du 22 janv. 2010

- ChacunE peut prendre la parole
Navigation rapide
- Objectifs. , p1
- Historique., p1
- Déroulement., p1
- Thèmes., p1
- Témoignages :, p1
Objectifs.
L’objectif principal de l’Université populaire Quart Monde est la reconnaissance de l’intelligence des personnes en situation de pauvreté. On veut que cette intelligence puisse se développer, s’exprimer et produire des effets dans la société. Nous vivons dans une société qui réfléchit et se développe sans rien attendre des personnes en situation de pauvreté. Au mieux, on veut encore les entendre quand il s’agit de pauvreté, mais trop souvent, on fait comme si l’expérience et le savoir des personnes en situation de pauvreté n’étaient pas nécessaires pour penser les droits humains, l’écologie, l’économie, la culture, c’est- à -dire toutes les grandes questions de l’humanité. L’Université populaire Quart Monde permet aussi à des personnes qui ne vivent pas la misère de découvrir et de vivre un autre type de relation que celle de ‘l’aide aux pauvres’ ou de ‘l’éducation des pauvres’ en créant un espace de dialogue. Elle nous permet ainsi d’apprendre les unEs des autres pour mieux lutter contre la pauvreté et l’exclusion là où nous sommes.

- Échange en petits groupes
Historique.
Le Mouvement ATD Quart Monde a commencé en 1957, dans un bidonville près de Paris avec le prêtre Joseph Wresinski. 10 ans plus tard, en 1968, le Mouvement a acheté une cave à Paris. Après les travaux en 1971, il a commencé à y organiser les conférences du mardi : tous les mardis soirs, un professeur (un expert) venait parler de la pauvreté et de la misère et tout le monde pouvait venir écouter. Peu à peu, des gens en situation de pauvreté sont venus. Ils étaient invités par des volontaires qui habitaient avec eux dans des cités. Ils n’osaient rien dire, mais quand ils rentraient chez eux, ils n’en disaient pas moins et ils donnaient leurs commentaires sur ce qu’ils avaient entendu. Quand le père Joseph l’a compris, il a dit : « Il faut faire autrement ! Il faut d’abord donner la parole aux gens en situation de pauvreté et les autres après peuvent réagir, mais seulement à une condition, c’est que ces soirées soient bien préparées. » C’est à ce moment-là que ces soirées ont pris le nom de Dialogue avec le Quart Monde. C’était au début des années 70 et c’est seulement en 1983 qu’on a parlé d’Université populaire Quart Monde. Cette action a donc commencé à Paris, puis à Bruxelles, dans d’autres régions en France et dans d’autres pays, et ça continue toujours.
Déroulement.
L’Université populaire Quart Monde se déroule en trois étapes. Chaque personne reçoit une lettre d’invitation. Elle présente la thématique que nous allons aborder et pose deux ou trois questions de préparation. Il y a ainsi une première étape de réflexion personnelle ; La deuxième étape est la réflexion collective. La plupart des participantEs ont la possibilité de se préparer entre pairs, en groupe localement, à partir des questions de la lettre d’invitation. Aujourd’hui, nous comptons 10 groupes locaux : 5 à Montréal, 4 en région et 1 groupe à Toronto. 9 groupes réunissent des personnes en situation de pauvreté, 1 groupe réunit des personnes qui n’ont pas connu la grande pauvreté. Les responsables des groupes locaux reçoivent des consignes pour faciliter la préparation et encourager la participation de chacunE.

Puis, la troisième étape est l’échange et la réflexion collective en grand groupe à la Maison Quart Monde à Montréal. Toute personne qui a préparé (étape 1 et/ou 2) est invitée à participer à cette rencontre. Souvent, une personne ressource, qui connaît bien le thème abordé, s’y rajoute. Elle écoute d’abord la parole et la pensée de ceux et celles qui ont la vie difficile, apporte ensuite un éclairage intéressant, complémentaire ou contradictoire, pour finalement entrer en dialogue avec les participantEs de l’Université populaire Quart Monde.

- chant à la fin d’une Université populaire
Thèmes.
Nous abordons chaque fois un thème en lien avec l’actualité et/ou la lutte contre la pauvreté. Voici quelques exemples : vivre en paix, le travail et être utile, la santé, la rentrée, la télévision, les femmes aujourd’hui.
Témoignages :
‘Marie Christine m’a invitée à une petite rencontre dans le quartier. Je suis allée voir par curiosité. J’ai aimé ça. On échange autour d’un sujet et il y a du respect pour toutes les personnes.
Puis, j’ai été à la grande rencontre. La première fois, je n’ai pas parlé, j’étais gênée. Je regardais autour de moi, mais à la deuxième grande rencontre sur le travail bénévole, j’ai pris la parole. J’ai parlé du bénévolat que je fais à la garderie et à l’école.
J’ai parlé des rencontres avec ma fille aînée Jessica, mais elle pense que je me suis embarquée dans une secte… J’en ai parlé à mon voisin René et à mon amie Annie. Annie a tout de suite dit oui. On s’est donné rendez-vous sur la rue et on est allées à la petite rencontre ensemble.
J’ai aimé la rencontre sur le thème du travail. Cela faisait un an que je me disais que je devais chercher du travail. Comme on parlait du travail, ça m’a allumé, j’ai appelé Emploi Québec et j’ai rencontré quelqu’un. C’est comme ça que j’ai commencé à faire de la cuisine pour des jeunes sans-abri. Mais je suis maintenant en arrêt de maladie, la santé ne suit pas.
Je vais continuer à participer aux rencontres l’an prochain parce qu’on apprend des choses et ça aide à s’ouvrir parce que quand on vit des choses difficiles, on se renferme… J’ai même des sujets à proposer !’
(Chantal, mère de famille, Hochelaga-Maisoneuve, Montréal)
‘Je veux dire combien j’ai été touchée par ce qui se passe à l’Université Populaire. J’ai beaucoup aimé la soirée. Je trouve beau de voir le courage des gens de venir apprendre, de vouloir s’ouvrir, et impressionnant la qualité des connaissances générées par la mise en commun et les discussions.’
(Martine, chercheuse à l’université McGill, Montréal)’
Cela vous tente d’en savoir plus ? D’y participer ? De le proposer à des personnes en situation de pauvreté que vous rencontrez ou qui fréquentent votre organisme ? N’hésitez surtout pas à nous contacter !
Suggestions de lecture :
- le livre "Et vous, que pensez-vous ?" de Françoise Ferrand, en vente à la Maison Quart Monde à Montréal (commander) ;
- une interview avec Françoise Ferrand sur le site lien-social.com

